❌ Erreur n°7
Confondre chiffre d’affaires et bénéfice
« J’ai fait 150 000 € de chiffre d’affaires cette année, donc je vais pouvoir me verser un bon salaire. »
« Je ne comprends pas, j’ai encaissé plein de factures… pourquoi ma trésorerie est à sec ? »
🤯 Ces phrases reviennent très souvent chez les dirigeants, surtout les premières années. Et pourtant, le chiffre d’affaires ne veut pas dire bénéfice !
C’est la somme de toutes les ventes de biens ou de services que vous avez facturées sur une période donnée (hors taxes).
Mais entre ce que vous facturez et ce qu’il vous reste vraiment en poche, il y a tout un monde.
Pourquoi c’est un enjeu
Parce qu’il occulte :
1. La TVA : la facture est TTC, mais la société ne garde que la partie HT.
👉 La TVA collectée ne vous appartient pas, elle est à reverser à l’État.
2. Les charges d’exploitation : loyer, salaires, abonnements logiciels, frais de déplacement, assurances, etc.
👉 Ce sont des coûts incompressibles, qui grèvent le résultat.
3. Les cotisations sociales du dirigeant : souvent mal estimées, elles viennent rogner le bénéfice net.
👉 Elles ne sont pas toujours visibles tout de suite, mais elles arrivent.
4. L’impôt sur les sociétés (IS) ou sur le revenu, selon le régime choisi.
5. Les investissements (ordinateur, matériel, véhicule, etc.) qui pèsent sur la trésorerie… mais pas toujours immédiatement sur le résultat (car ils sont amortis sur plusieurs années).
📊 Chiffre d’affaires ≠ Trésorerie ≠ Résultat
Notion | Ce que c’est | Est-ce disponible pour me payer ? |
Chiffre d’affaires (HT) | Ce que vous facturez | ❌ Non |
Trésorerie | L’argent réellement disponible en banque | ❌ Pas entièrement |
Résultat net | Ce qu’il reste après avoir tout payé | ✅ En partie, si vous le distribuez |
Bénéfice distribuable | Résultat affecté par l’AG | ✅ Pour dividendes (attention au formalisme) |
💡 La règle d’or
👉 On ne se rémunère pas sur ce qu’on facture,
👉 On se rémunère sur ce qu’il reste après toutes les charges.
🧮 Un exemple concret
- Chiffre d’affaires HT : 150 000 €
- Achats + charges : 90 000 €
- Salaires et Cotisations sociales : 15 000 €
- Résultat avant impôt : 45 000 €
- IS (15 %) : 6 750 €
- Résultat net : 38 250 €
👉 Ce n’est qu’à partir de là qu’un versement de dividendes peut être envisagé. Et encore faut-il qu’il y ait suffisamment de trésorerie disponible pour le faire sans mettre en péril l’exploitation de l’entreprise.
Ce que nous recommandons
- Ne jamais se baser uniquement sur le chiffre d’affaires pour évaluer la santé financière de l’entreprise.
- Suivre régulièrement un tableau de bord simple : CA, marge, charges, résultat, trésorerie.
- Demander à l’expert-comptable de vous préparer un compte de résultat prévisionnel, pour visualiser ce qu’il restera réellement à la fin.
- Utiliser un outil de pilotage ou un tableau Excel personnalisé pour anticiper les décaissements à venir (TVA, cotisations, salaires, impôt…).
👉 Et surtout : nous avons mis en place au cabinet un Rapport de Synthèse annuel, revu ensemble avant la validation définitive du bilan. Ce rapport permet de prendre du recul et de :
- Analyser l’évolution du chiffre d’affaires et des encaissements,
- Identifier les principaux clients et fournisseurs (et leur poids dans l’activité),
- Calculer la marge réelle dégagée,
- Dégager la CAF (capacité d’autofinancement),
- Évaluer le BFR (besoin en fonds de roulement) à travers :
- le délai de règlement client,
- le délai de paiement fournisseur,
- le nombre de jours de CA immobilisé dans le stock.
Mais nous ne nous arrêtons pas là.
✅ Pour permettre au gérant d’avoir une vision claire et réactive, nous avons pris l’initiative d’envoyer un rapport simplifié chaque trimestre. Il reprend les agrégats clés :
- Chiffre d’affaires cumulé,
- Marge dégagée,
- Résultat prévisionnel en fin d’exercice,
- Situation de trésorerie et point de vigilance éventuel.
Ce rapport trimestriel permet au gérant de piloter en cours d’année, de :
- Décider de verser ou non une prime,
- Arbitrer un achat stratégique (nouvel actif, outil de production),
- Lancer une nouvelle campagne de communication,
- Ou au contraire, mettre en place des mesures d’économie si la situation le justifie.
L’astuce de l’expert
Il ne faut pas découvrir sa marge au moment du bilan.
À ce moment-là, il est souvent trop tard pour agir.